Après une saison bien remplie mais pas encore totalement terminée puisqu’il reste un maintien à aller chercher, Baptiste RIDIRA le coach du St Pryvé/St Hilaire FC se confie sur son passé, son présent et son avenir… extraits :

Foot Mag’ 45 : « Salut Baptiste, alors comme à l’accoutumée, la question piège, qui es-tu ? Que fais-tu ? D’où viens-tu ? Et où vas-tu ? »

Crédit : IB foot photos

Baptiste Ridira : « Baptiste Ridira, j’ai toujours une hésitation au moment de dire mon âge parce que dans ma tête je suis bien plus jeune que ce que je pense mais donc j’ai 35 ans, j’aurais 36 ans cette année puisque je suis né en 1983 le 13 Juin à Neuville aux bois, à l’hôpital de Neuville aux bois, surement Neuvillois, j’ai donc actuellement 2 enfants, je vis en concubinage, je suis pacsé comme on dit, j’habite sur St Pryvé pour le moment car nous faisons construire sur St Hilaire, donc comme tu le constates, je ne suis pas encore parti… (Pour que tout le monde comprenne bien, je venais quelques instants plus tôt de charrier Baptiste en lui disant qu’une place allait être libre sur le banc de l’OM… D’où sa remarque taquine)

Du coup, j’ai eu une carrière de joueur régional au poste de gardien de but… J’ai fait toutes mes classes à Neuville jusqu’à mes 17 ans et à cet âge-là je me suis dit qu’il était peut-être temps d’aller voir ailleurs donc je suis parti au FCO St Jean de la Ruelle où je suis resté environ 6 ans avant de partir à St Jean le Blanc, club dans lequel j’ai passé à peu près 6 ans également avec un intermède à l’USO puisque à l’époque Olivier Trassard et Yann Lachuer étaient venus me chercher pour jouer avec la réserve Orléanaise en DHR que l’on a fait monter en fin de saison, la fameuse saison lors de laquelle l’USO avait accédée au championnat national donc j’ai eu la chance de faire toute la préparation avec l’équipe première, aller en stage avec le groupe de Yann Lachuer et son staff, Olivier Frapolli, un super souvenir, c’était de mémoire la saison 2010/2011, l’année où j’ai passé mon DEF anciennement, aujourd’hui DES, un diplôme qui me permet d’entraîner aujourd’hui au niveau où j’entraîne puisque c’est obligatoire pour être sur le banc.

En parallèle à cette époque-là, j’ai passé huit ans au district du Loiret (Septembre 2008 à Juin 2016) et en juin 2016, j’ai stoppé mon contrat pour venir entrainer St Pryvé. Ca fait donc deux saisons et demie que je suis coach à St Pryvé et à l’époque, quand j’étais au district, on prenait les formations et puis les obligations, mais c’est vrai que ce n’est pas parce que tu es formé que tu es compétent !

Tu es qualifié, tu as la qualification, tu as le diplôme mais ça ne te donne pas la compétence… La compétence, c’est quelque chose qui s’acquiert notamment par l’expérience et tu as parfois des gens qui ne passeront jamais leur formation mais qui sont très compétents…

Après, étant donné qu’il y a un vrai marché pour les entraineurs, la formation est une façon de faire reconnaitre ta profession et ton métier et ça permet d’en vivre puisque aujourd’hui, comme beaucoup d’autres, je vis de ma passion.Je me considère véritablement comme un privilégié ! »

FM 45 : « Tu as été très bavard alors on va revenir sur certains points… Le fait de m’avoir parlé de Neuville comme tu l’as fait et sur le ton avec lequel tu l’as fait, ça veut forcément dire que tu n’oublies
pas d’où tu viens ? »

B.R : « Jamais, d’ailleurs avec St Pryvé on fait au minimum un match amical par saison à Neuville. C’était déjà le cas quand Micka Ferreira était à ma place… C’est un terrain sympa et puis c’est pratique aussi pour jouer des clubs de la région Parisienne qui ne sont pas trop loin.
À côté de ça, je n’oublies pas Neuville puisque ma famille y vit toujours et j’ai encore des amis et des connaissances qui jouent dans l’équipe de Neuville dont également un ancien joueur, Adrien Ménager qui était encore ici l’an dernier. J’ai gardé des liens étroits avec ce club, il restera le club où j’ai passé le plus de temps, sauf si je reste encore au moins 7 ans à St Pryvé…»

FM 45 : « Pourrais-tu aussi me parler un peu de la mission qui était la tienne au district ? »

B.R : « Ma principale mission était le développement du football féminin (les sélections, les actions de promotion et de développement, le suivi des championnats, le lien avec les clubs…) à côté de ça, le football diversifié, (le futsal, le foot handicap, le foot adapté, le foot urbain et les actions dans les quartiers) et puis également la section sportive à vocation régionale, donc la section sportive élite à Jean Rostand avec 4 séances par semaine pour des enfants de 4ème/3ème garçons et filles […]

Volontairement je ne rentre pas dans tous les détails car un spécial de 24 pages ne suffirait peut être pas à résumer l’intégralité de la conversation avec Baptiste qui, au-delà de ses qualités d’entraineur, aura démontré tout au long de cette entrevue de très grande qualités d’empathie et une réelle passion pour tout ce football qu’il vit au quotidien…

[…] ces différentes missions m’ont appris à être toujours disponible et à l’écoute des gens, c’est quelque chose qui me guide encore aujourd’hui. J’ai aussi appris à vivre les déceptions parce qu’elles font partie de la vie et ça permet aussi de relativiser certaines situations.»

FM 45 : « Tu as débuté jeune ta carrière d’entraineur, tu te doutais que tu serais suivi de près par les esprits critiques mais aujourd’hui avec le recul, où en es-tu dans ta réflexion ? »

B.R : « Aujourd’hui, si j’en suis là où j’en suis, c’est aussi que le district m’a permis d’y être et je ne regrette absolument pas d’avoir franchi le pas car je me considère comme un privilégié et je m’éclate complètement dans ce que je fais. J’ai une grande chance car j’ai pris le pari de candidater et les présidents m’ont fait confiance… Il y a eu une certaine pression toute la première saison mais il y a eu l’incroyable chance de monter tout de suite, en plus avec la refonte des championnats, il le fallait car ça aurait été plus compliqué ensuite.

En plus, terminer 1er devant Le Mans qui aujourd’hui est en position idéale pour monter en Ligue 2, c’était juste exceptionnel ! D’ailleurs tu peux aussi noter car c’est très important que Mathieu POUSSE (le préparateur physique) n’a pas été étranger à cette montée… Il faisait partie de mes conditions quand j’ai signé, peut-être qu’à l’époque j’ai été convainquant, ou peut-être que je n’étais pas cher, (rires) mais toujours est-il que les présidents m’ont fait confiance et je les en remercie…

Aujourd’hui nous sommes dans notre 3ème saison, tout a bien fonctionné sur les deux premières. Notre grande chance avec les gars c’est que chaque jour nous écrivons une nouvelle page du club. On est arrivé, on est monté en CFA, on est resté en National 2, c’était la première fois que le club enchainait deux saisons au 4ème échelon national, la première fois que le club battait un club de Ligue 2 en Coupe de France, la première fois que le club accédait en 16ème de finale et jouait contre une Ligue 1 et j’espère bien que ce sera la première fois que le club enchaine une 3ème année consécutive en N2… Il faut que l’on garde cette ambition qui nous a construit et qui fait avancer ce club qui a une assise incroyable… 13 ans de présence au niveau national pour une ville de 5000 habitants, et même si on rajoute les 3500 de St Hilaire, ça reste un anachronisme…»

FM 45 : « Justement, restons quelques minutes encore hors du temps, parle-moi un peu de cette belle histoire en coupe de France. »

Crédit : IB foot photos

B.R : « Une merveilleuse aventure pour un club de notre niveau, on a même vu pas mal de clubs plus petits que nous éliminer des Ligue 1 !

On était encore 5 équipes de notre poule en 16ème de finale, tu vois, avec le recul, quand je le dis ça me parait énorme… Nous concernant, nous nous sommes donné l’opportunité de réaliser un « truc » dès le 1er tour alors que le tirage n’était pas favorable et nous opposait directement au C’Chartres Football, l’actuel leader de la poule C de National 2 bien parti pour monter en National.

À la base tu as je ne sais pas combien de chances de ne pas les jouer et au final tu tombes sur eux, c’est quand même dingue ! Les deux saisons précédentes, on était sortis tôt dans la compétition mais au final ça nous avait permis de ne pas y laisser trop de plumes…
Aujourd’hui, beaucoup de gens me parlent de cette aventure et pensent que l’on paye un peu notre parcours en ce moment, moi je n’ai pas ce sentiment là mais après tout, je n’en sais rien, je ne suis pas devin… A mon avis c’est plus de la démobilisation puisque le samedi précédant le match de Rennes, on bat Andrézieux (qui vient de sortir l’OM) 2-0 et après Rennes on gagne encore contre Mont de Marsan puis quelques indispos de joueurs, des blessés, des suspendus, et ça nous a pénalisé…

Pour en revenir à la coupe, c’est une très belle aventure que je souhaite à tous les entraineurs quel que soit leur niveau, je leur souhaite de le vivre une fois…

Photo d’équipe de Saint Pryvé / Saint Hilaire évoluant en National 2 (Saison 2018 – 2019)

Moi je l’ai vécu cette année et c’est vrai que c’est magnifique, côtoyer un Julien Stephan entraineur d’une équipe de Ligue 1 c’est quelque chose qui n’est pas donné à tout le monde et ça il faut s’en rendre compte… Avoir ce sentiment de plénitude après avoir sorti l’ESTAC, c’est un truc qu’il ne faut pas banaliser parce que sinon tu risques de ne plus avoir de rêve derrière… C’était tellement exceptionnel pour les gamins du club, les supporters , les parents des enfants du club, les dirigeants, les éducateurs, c’est là que la Coupe de France créée une émulation… Tu as des gamins du clubs qui sont rentré sur le terrain avec des joueurs de Ligue 1 , pour des petits comme ça, c’est un souvenir incroyable et je leur souhaiteun jour d’être à la place des joueurs à donner la main à des gamins qui à leur tour auront des étoiles plein les yeux…

Là tu as touché du doigt un rêve… On était si près et si loin à la fois, 43ème on n’a pas eu grand-chose contre nous et tu prends ce but juste avant de rentrer au vestiaire… Tu ressors avec l’envie de faire plus encore et là le coup de poignard, tu prends le 2ème… Je n’ai qu’un seul regret, c’est que l’on aurait mérité et on aurait pu marquer… Le premier face à face sur le côté droit en première mi-temps, la barre en fin de match et le joueur qui sauve sur sa ligne…

Pour la magie de la coupe, si on avait marqué ce but, les 5 dernières minutes auraient été fabuleuses car le public nous aurait porté comme jamais… Quasiment 4000 personnes c’est un sacré truc et c’est sans doute l’héritage pour tout un club qu’il faudra retenir, toute cette ferveur qu’il y a eu autour de cet événement.

Des vidéos faites sur le club, « en route vers la finale » réalisée par une web télé, j’ai eu la chance d’avoir un journaliste qui m’a suivi toute la journée pour faire cette vidéo, ce sont des choses qui resteront à jamais dans l’histoire du SPSHFC et que l’on regardera encore dans 10-15-20 ans… D’ailleurs ces vidéos serviront peut être un jour dans la stratégie d’une préparation mentale au club si d’aventure d’autres la vivaient à leur tour…

L’équipe de N2 de cette année a marqué l’histoire du club, et nous sommes très nombreux à avoir eu la chance de participer à ça, ce serait trop réducteur de dire que c’est grâce à Baptiste Ridira que tout ça a eu lieu, ce serait vraiment beaucoup trop réducteur… C’est tellement beau de vivre du foot et d’avoir la chance qu’on te donne les moyens de le faire…

FM 45 : « Près de deux heures que nous discutons, il va être temps de terminer… Mais je ne peux pas partir sans une question que beaucoup de monde doit se poser… La saison prochaine, Baptiste ? Toujours au SPSHFC ? »

B.R : « Ah ouais ! Aucun doute ! 100% ! Il me reste un an de contrat ! »

Foot Mag’ 45 tient à remercier infiniment Baptiste pour cette entrevue qui n’est pas retranscrite dans son intégralité car elle a tout de même durée près de deux heures. (dont 1h05 d’enregistrement). Je conserve précieusement ce dossier et je vous offrirais le moyen très prochainement d’en obtenir la version vocale dans son intégralité.

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